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Le '''pilou''' (francisation du terme local '''''pila''''', « danse »), ou '''pilou-pilou''', est une [[danse traditionnelle]] [[kanak]].
Le '''pilou''' (francisation du terme local '''''pila''''', « danse »), ou '''pilou-pilou''', est une [[danse traditionnelle]] [[kanak]], à l'occasion d'une fête religieuse, sociale et de prestige clanique.


C'est surtout « la cérémonie sociale de propitiation autour de laquelle gravite toute la vie indigène. » ([[Maurice Leenhardt]], 1930, p.143)
C'est surtout « la cérémonie sociale de propitiation autour de laquelle gravite toute la vie indigène. » ([[Maurice Leenhardt]], 1930, p.143)


== Présentation ==
== Présentation ==
Le pilou est une danse traditionnelle [[kanak]] attestée depuis 1861. Nocturne à l'origine, elle était chargée de significations symboliques<ref name="Thibault 534">{{harvsp|André Thibault, Pierre Rézeau|2008|p=534}}</ref>.
Le pilou est une danse traditionnelle [[kanak]] attestée depuis 1861. Nocturne à l'origine, elle était chargée de significations symboliques<ref name="Thibault 534">{{harvsp|André Thibault, Pierre Rézeau|2008|p=534}}</ref>. Toutefois, toutes les danses kanak ne sont pas des "pilou", une danse appelée pilou, c'est une danse qui vient de la Grande-terre uniquement et non des îles loyautés. Les premiers ethnologues et musicologues se sont trompés (amalgames) sur ce point. Par exemple sur Lifou, on appelle les danses "itre fia" ou "itre elo i nôj". Pour dire, que le "Pilou" on le trouve que sur la "grande-terre".


Les pilous marquent les grandes cérémonies<ref>https://clo.revues.org/546</ref>, mais aussi des événements plus mineurs : il existe des « pilous de guerre »<ref name="Thibault 534"/>, des « pilous de deuil »<ref>Roger Boulay, Alban Bensa, Alain Saussol, [http://books.google.fr/books?id=_uGWu0ctEHUC&pg=PA57&dq=%22pilou%22+danse+kanak&hl=fr&sa=X&ei=IAMlVNjPHcjJOancgPAP&ved=0CDgQ6AEwBA#v=onepage&q=%22pilou%22%20danse%20kanak&f=false ''La Maison kanak''], Éditions Parenthèses, 1990, p. 59.</ref>, ou encore de simples pilous d'adieu lors du départ d'une personne d'importance<ref name="Thibault 534"/>. Généralement, une tribu invite des tribus amies. La tribu invitante fournit la nourriture, les tribus invitées apportent des présents.
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Le chef de la tribu invitante prononce un discours. Une cérémonie a lieu.
Le chef de la tribu invitante prononce un discours. Une cérémonie a lieu.


La danse consiste à tourner selon une [[spirale]], hommes et femmes séparés, au son des instruments qui marquent la cadence, tambours en [[bambou]] et [[tambourin]]s en écorce frappés l'un contre l'autre. Les hommes portent leurs armes, alors que les femmes portent des rameaux ou des bâtons<ref>Roger Boulay, [http://books.google.fr/books?id=ArsN4aJdqpIC&pg=PT58&dq=%22pilou%22+danse+kanak&hl=fr&sa=X&ei=IAMlVNjPHcjJOancgPAP&ved=0CDMQ6AEwAw#v=onepage&q=%22pilou%22%20danse%20kanak&f=false ''Le Bambou gravé kanak''], Éditions Parenthèses, 1993, p. 59</ref>.
La danse consiste à tourner selon une [[spirale]], hommes et femmes séparés, au son des instruments qui marquent la cadence, tambours en [[bambou]] et [[Instrument de percussion|instruments de percussion]] en écorce frappés l'un contre l'autre. Les hommes portent leurs armes, alors que les femmes portent des rameaux ou des bâtons<ref>Roger Boulay, [https://books.google.fr/books?id=ArsN4aJdqpIC&pg=PT58&dq=%22pilou%22+danse+kanak&hl=fr&sa=X&ei=IAMlVNjPHcjJOancgPAP&ved=0CDMQ6AEwAw#v=onepage&q=%22pilou%22%20danse%20kanak&f=false ''Le Bambou gravé kanak''], Éditions Parenthèses, 1993, p. 59</ref>.
Les guerriers simulent des combats.
Les guerriers simulent des combats.


la dernière partie est une ''boria'', danse totalement différente, mêlant les genres, en une sorte de ''piétinement lourd et rythmé'', ''« réplique et préfiguration de cette occupation des défunts »'' (Leenhardt, ''Do Kamo'', 112). La foule gesticule, martèle le sol, pilonne, écrase, en mesure.
La dernière partie est une ''boria'', danse totalement différente, mêlant les genres, en une sorte de ''piétinement lourd et rythmé'', ''« réplique et préfiguration de cette occupation des défunts »'' (Leenhardt, ''Do Kamo'', 112). La foule gesticule, martèle le sol, pilonne, écrase, en mesure, autour des maîtres de cérémonie. Les danseurs frappent deux battoirs de danse (en écorce) qui marquent le rythme.


Chaque danse invente sa propre chorégraphie.
Chaque danse invente sa propre chorégraphie.


== Rituels guerriers kanak ==
== Rituels guerriers kanak ==
Le pilou est plutôt réservé aux cérémonies.
Le pilou est plutôt réservé aux cérémonies sociales de propitiation : naissance, mariage, grand deuil, initiation, paix, guerre...


Chaque action guerrière est préparée "par des rituels propitiatoires, la consultation des ''jaau'' et des échanges". ([[Alain Bensa]], 2015, p.80).
Chaque action guerrière est préparée "par des rituels propitiatoires, la consultation des ''jaau'' et des échanges". ([[Alain Bensa]], 2015, p.80). Toute action guerrière réussie est suivie d'un pilou de victoire.


== Références ==
== Références ==
{{Références}}
<references />


== Articles connexes ==
== Voir aussi ==
=== Bibliographie ===
* [[Maurice Leenhardt]], ''Notes d'ethnologie néo-calédonienne'', 1930, rééd. 1980, Paris, Musée de l'Homme, pp.143-178,

=== Articles connexes ===
* [[Haka]]
* [[Haka]]
* [[Musique calédonienne]]
== Liens externes ==
* [[Danse calédonienne]]
=== Liens externes ===
* [https://books.google.fr/books?id=6N79LpF6LKsC&pg=PA534&lpg=PA534&dq=grand+pilou+de+guerre&source=bl&ots=dlEKEy3_xo&sig=hxQEdzvK02I72vuLshAi1k3Syg0&hl=fr&sa=X&ved=0CCAQ6AEwAGoVChMIz-Sz_-eWyQIVBVoaCh32yggr#v=onepage&q=grand%20pilou%20de%20guerre&f=false Définition du pilou(-pilou)]
* [https://books.google.fr/books?id=6N79LpF6LKsC&pg=PA534&lpg=PA534&dq=grand+pilou+de+guerre&source=bl&ots=dlEKEy3_xo&sig=hxQEdzvK02I72vuLshAi1k3Syg0&hl=fr&sa=X&ved=0CCAQ6AEwAGoVChMIz-Sz_-eWyQIVBVoaCh32yggr#v=onepage&q=grand%20pilou%20de%20guerre&f=false Définition du pilou(-pilou)]


== Bibliographie ==
== Bibliographie ==
* {{ouvrage|auteur=André Thibault, Pierre Rézeau|url=http://books.google.fr/books?id=6N79LpF6LKsC&pg=PA534&dq=%22pilou%22+danse+kanak&hl=fr&sa=X&ei=IAMlVNjPHcjJOancgPAP&ved=0CCgQ6AEwAQ#v=onepage&q=%22pilou%22%20danse%20kanak&f=false|titre=Richesses du français et géographie linguistique, Volume 2|éditeur=De Boeck Supérieur|année=2008}}
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Dernière version du 21 mars 2024 à 11:16

Le pilou (francisation du terme local pila, « danse »), ou pilou-pilou, est une danse traditionnelle kanak, à l'occasion d'une fête religieuse, sociale et de prestige clanique.

C'est surtout « la cérémonie sociale de propitiation autour de laquelle gravite toute la vie indigène. » (Maurice Leenhardt, 1930, p.143)

Présentation[modifier | modifier le code]

Le pilou est une danse traditionnelle kanak attestée depuis 1861. Nocturne à l'origine, elle était chargée de significations symboliques[1]. Toutefois, toutes les danses kanak ne sont pas des "pilou", une danse appelée pilou, c'est une danse qui vient de la Grande-terre uniquement et non des îles loyautés. Les premiers ethnologues et musicologues se sont trompés (amalgames) sur ce point. Par exemple sur Lifou, on appelle les danses "itre fia" ou "itre elo i nôj". Pour dire, que le "Pilou" on le trouve que sur la "grande-terre".

Les pilous marquent les grandes cérémonies[2], mais aussi des événements plus mineurs : il existe des « pilous de guerre »[1], des « pilous de deuil »[3], ou encore de simples pilous d'adieu lors du départ d'une personne d'importance[1]. Généralement, une tribu invite des tribus amies. La tribu invitante fournit la nourriture, les tribus invitées apportent des présents.

Le chef de la tribu invitante prononce un discours. Une cérémonie a lieu.

La danse consiste à tourner selon une spirale, hommes et femmes séparés, au son des instruments qui marquent la cadence, tambours en bambou et instruments de percussion en écorce frappés l'un contre l'autre. Les hommes portent leurs armes, alors que les femmes portent des rameaux ou des bâtons[4]. Les guerriers simulent des combats.

La dernière partie est une boria, danse totalement différente, mêlant les genres, en une sorte de piétinement lourd et rythmé, « réplique et préfiguration de cette occupation des défunts » (Leenhardt, Do Kamo, 112). La foule gesticule, martèle le sol, pilonne, écrase, en mesure, autour des maîtres de cérémonie. Les danseurs frappent deux battoirs de danse (en écorce) qui marquent le rythme.

Chaque danse invente sa propre chorégraphie.

Rituels guerriers kanak[modifier | modifier le code]

Le pilou est plutôt réservé aux cérémonies sociales de propitiation : naissance, mariage, grand deuil, initiation, paix, guerre...

Chaque action guerrière est préparée "par des rituels propitiatoires, la consultation des jaau et des échanges". (Alain Bensa, 2015, p.80). Toute action guerrière réussie est suivie d'un pilou de victoire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c André Thibault, Pierre Rézeau 2008, p. 534
  2. Ogier-Guindo, Julia, « Le pays invisible », Cahiers de littérature orale, INALCO, no 69,‎ , p. 79–106 (ISBN 978-2-85831-197-2, ISSN 0396-891X, DOI 10.4000/clo.546, lire en ligne, consulté le ).
  3. Roger Boulay, Alban Bensa, Alain Saussol, La Maison kanak, Éditions Parenthèses, 1990, p. 59.
  4. Roger Boulay, Le Bambou gravé kanak, Éditions Parenthèses, 1993, p. 59

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Leenhardt, Notes d'ethnologie néo-calédonienne, 1930, rééd. 1980, Paris, Musée de l'Homme, pp.143-178,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Thibault et Pierre Rézeau, Richesses du français et géographie linguistique, Volume 2, De Boeck Supérieur, (lire en ligne)