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Le '''Harfang des neiges''' ('''''{{Langue|la|Bubo scandiacus}}''''') est une [[espèce]] d'oiseau de la [[famille (biologie)|famille]] des [[Strigidae|strigidés]]. Il est aussi appelé ''ukpik'' par les [[Inuit]]s. Il est l'[[emblème aviaire]] du [[Québec]] depuis 1987<ref>{{Lien web|titre=Le harfang des neiges|url=https://www.justice.gouv.qc.ca/drapeau-et-symboles-nationaux/emblemes/harfang-des-neiges/|site=justice.gouv.qc.ca|éditeur=Justice Québec|consulté le=27 avril 2020}}.</ref>{{,}}<ref>{{Lien web|auteur institutionnel=Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques|titre=Le coin de Rafale – Sais-tu que l’emblème floral du Québec est l’iris versicolore?|url=http://www.environnement.gouv.qc.ca/jeunesse/sais_tu_que/2014/0325-embleme-iris-versicolor.htm|site=environnement.gouv.qc.ca|date=mars 2014|consulté le=27 avril 2020}}.</ref>. En France, on l'appelle '''Chouette Harfang'''<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |titre=Chouette harfang |url=https://www.zoo-mulhouse.com/le-parc/animaux/chouette-harfang-des-neiges/ |site=Zoo de Mulhouse, parc zoologique et botanique |consulté le=2021-12-07}}</ref>, même si, en réalité, il appartient au même genre ''[[Bubo]]'' que les hiboux grand-ducs. Comme ces derniers, il possède de petites plumes sur sa tête appelées aigrettes, mais très peu visibles puisqu'elles sont très petites et repliées sur sa tête.
Le '''Harfang des neiges''' ('''''{{Langue|la|Bubo scandiacus}}''''') est une [[espèce]] d'[[oiseau]]x de la [[famille (biologie)|famille]] des [[Strigidae|strigidés]]. Il est aussi appelé ''ukpik'' par les [[Inuit]]s. Il est l'[[emblème aviaire]] du [[Québec]] depuis 1987<ref>{{Lien web|titre=Le harfang des neiges|url=https://www.justice.gouv.qc.ca/drapeau-et-symboles-nationaux/emblemes/harfang-des-neiges/|site=justice.gouv.qc.ca|éditeur=Justice Québec|consulté le=27 avril 2020}}.</ref>{{,}}<ref>{{Lien web|auteur institutionnel=Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques|titre=Le coin de Rafale – Sais-tu que l’emblème floral du Québec est l’iris versicolore?|url=http://www.environnement.gouv.qc.ca/jeunesse/sais_tu_que/2014/0325-embleme-iris-versicolor.htm|site=environnement.gouv.qc.ca|date=mars 2014|consulté le=27 avril 2020}}.</ref>. En France, on l'appelle aussi '''Chouette Harfang'''<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |titre=Chouette harfang |url=https://www.zoo-mulhouse.com/le-parc/animaux/chouette-harfang-des-neiges/ |site=Zoo de Mulhouse, parc zoologique et botanique |consulté le=2021-12-07}}</ref>, même si, en réalité, il appartient au genre ''[[Bubo]]'', qui est le même que les hiboux<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |titre=Harfang des neiges |url=https://parcsaintecroix.com/animal/harfang-des-neiges/ |site=Parc Animalier de Sainte-Croix |consulté le=2022-08-02}}</ref> grands-ducs. Comme tous les hiboux, il possède une paire de petites [[Huppe|aigrettes]] sur sa tête qui, en français, différencient les chouettes (qui n'en ont pas) des hiboux (qui en ont). Cependant, les aigrettes du Harfang des Neiges sont très petites et repliées sur sa tête, ce qui les rends presque invisible, d'où l'appellation '''Chouette Harfang'''.


== Dénomination ==
== Dénomination ==
* Décrite sous le nom de ''{{Langue|la|Bubo scandiacus}}'' par [[Carl von Linné]] en 1758<ref name="COSEPAC">{{lien web|Bubo scandiacus|url=http://www.cosewic.gc.ca/fra/sct1/searchdetail_f.cfm?id=380&StartRow=1&boxStatus=All&boxTaxonomic=All&location=All&change=All&board=All&commonName=harfang&scienceName=&returnFlag=0&Page=1|titre=Harfang des neiges|auteur institutionnel=Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)|année=2009|site=COSEPAC|consulté le=12 avril 2010}}.</ref>.
* Décrite sous le nom de ''{{Langue|la|Bubo scandiacus}}'' par [[Carl von Linné]] en 1758<ref name="COSEPAC">{{lien web|url=http://www.cosewic.gc.ca/fra/sct1/searchdetail_f.cfm?id=380&StartRow=1&boxStatus=All&boxTaxonomic=All&location=All&change=All&board=All&commonName=harfang&scienceName=&returnFlag=0&Page=1|titre=Harfang des neiges|auteur institutionnel=Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)|année=2009|site=COSEPAC|consulté le=12 avril 2010}}.</ref>.


=== Synonymie ===
=== Synonymie ===

* ''Nyctea scandiaca'' ([[Carl von Linné|Linnaeus]], [[1758]])<ref>{{lien web|url=http://www.iucnredlist.org/apps/redlist/details/143241/0|titre=Bubo scandiaca|auteur=International Union for Conservation of Nature and Natural Resources (UICN|année=2009|éditeur=UICN|site=iucnredlist.org|consulté le=12 avril 2010}}</ref>
* ''Bubo scandiaca'' <small>(Linnaeus, 1758)</small>{{Bioref|BioLib|14 août 2023|ref}}
=== Nom vernaculaire ===
* ''Nyctea scandiaca'' <small>(Linnaeus, 1758)</small>{{Bioref|BioLib|14 août 2023|ref}}
* ''Strix scandiaca'' <small>Linnaeus, 1758</small>{{Bioref|BioLib|14 août 2023|ref}}

=== Noms vernaculaires ===
* Chouette harfang
* Chouette harfang
* Harfang des neiges
* Harfang des neiges


== Morphologie ==
== Morphologie ==
[[Fichier:Bubo scandiacus - Karlsruhe Zoo 01.jpg|vignette|alt=Deux grands yeux à fond jaune entouré de plumes blanches soulignées de quelques tâches plus sombres.| Sous le regard de l'harfang des neiges au [[zoo de Karlsruhe]].]]
[[Fichier:Bubo scandiacus - Karlsruhe Zoo 01.jpg|vignette|alt=Deux grands yeux à fond jaune entouré de plumes blanches soulignées de quelques tâches plus sombres.| Sous le regard d'un harfang des neiges au [[zoo de Karlsruhe]].]]
Ce grand oiseau blanc aux yeux jaunes est très reconnaissable. Le mâle est d'un blanc pur alors que la femelle et les jeunes sont légèrement tachetés ou barrés de brun. Leur plumage blanchit avec l'âge, les mâles pouvant alors devenir d'un blanc immaculé. L'été, le plumage est plus foncé que l'hiver, le plumage est plus blanc l'hiver, ce qui leur permet de se camoufler dans la neige. Les mâles sont en général plus petits que les femelles. Leur envergure est de 170 à {{unité|177|cm}} pour les femelles adultes et de 160 à {{unité|170|cm}} pour les mâles adultes. Leur masse varie de 1 à {{unité|2.5|kg}}.
Ce grand oiseau blanc aux yeux jaunes est très reconnaissable. Le mâle est d'un blanc pur alors que la femelle et les jeunes sont légèrement tachetés ou barrés de brun. Leur plumage blanchit avec l'âge, les mâles pouvant alors devenir d'un blanc immaculé. L'été, le plumage est plus foncé que l'hiver, le plumage est plus blanc l'hiver, ce qui leur permet de se camoufler dans la neige. Les mâles sont en général plus petits que les femelles. Leur envergure est de 170 à {{unité|177|cm}} pour les femelles adultes et de 160 à {{unité|170|cm}} pour les mâles adultes. Leur masse varie de 1 à {{unité|2.5|kg}}.


Le harfang est un très grand oiseau, pouvant atteindre jusqu'à 70 [[centimètre|cm]] de longueur. Ses yeux sont très grands proportionnellement à sa taille : en effet, ils ont environ la même taille que ceux d'un [[Homo sapiens|homme]]. Ils sont d'une couleur jaune et disposés vers l'avant. De plus, ils sont fixes, ce qui oblige le harfang à devoir souvent tourner sa large tête aplatie pour pouvoir regarder autour de lui (il peut la tourner d'un angle de {{unité|270|°}}).
Le harfang est un très grand oiseau, pouvant atteindre jusqu'à {{unité|70|cm}} de longueur. Ses yeux sont très grands proportionnellement à sa taille : en effet, ils ont environ la même taille que ceux d'un [[Homo sapiens|homme]]. Ils sont d'une couleur jaune et disposés vers l'avant. De plus, ils sont fixes, ce qui oblige le harfang à devoir souvent tourner sa large tête aplatie pour pouvoir regarder autour de lui (il peut la tourner d'un angle de {{nobr|270 °}}).


== Répartition et mode de vie ==
== Répartition et mode de vie ==
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Le milieu naturel du harfang est le Grand Nord : la [[toundra]] [[arctique]]. L'espèce est présente dans plusieurs pays, tels que le [[Canada]], la [[Russie]], la [[Norvège]], la [[Finlande]], la [[Suède]], le [[Danemark]] ([[Groenland]]), ainsi que dans l'état de l'[[Alaska]] aux [[États-Unis]]<ref>{{Article |langue=en |prénom1=Denver W. |nom1=Holt |prénom2=Matt D. |nom2=Larson |prénom3=Norman |nom3=Smith |prénom4=Dave L. |nom4=Evans |titre=Snowy Owl (Bubo scandiacus) |périodique=Birds of the World |date=04 mars 2020|lire en ligne=https://birdsoftheworld.org/bow/species/snoowl1/cur/introduction |consulté le=22 décembre 2020}}</ref>. Au [[Canada]], on le retrouve dans 7 provinces et territoires, soit le [[Territoire du Yukon]], les [[Territoires du Nord-Ouest]], la [[Colombie-Britannique]], le [[Nunavut]], le [[Manitoba]], le [[Québec]] et [[Terre-Neuve-et-Labrador]]<ref name="COSEPAC"/>. Au [[Québec]], c'est dans la partie la plus septentrionale qu'on le retrouve souvent. Pendant les années de disette, le harfang ne se reproduit pas et peut s'installer plus au sud (jusqu'au nord des [[États-Unis]]). Ce phénomène, dont les origines restent encore mal comprises, se reproduit tous les 4 ou 5 ans environ. Il semble être lié aux variations de l'abondance des populations de petits mammifères, notamment du [[lemming]], sa principale source d'alimentation. Cependant, il se nourrit également de [[lièvre]]s, de [[poisson]]s et d'[[oiseau]]x : sa vue perçante de nuit comme de jour fait de lui un excellent chasseur, mais contrairement à la plupart des autres chouettes et hiboux, le harfang chasse plutôt de jour.
Le milieu naturel du harfang est le Grand Nord : la [[toundra]] [[arctique]]. L'espèce est présente dans plusieurs pays, tels que le [[Canada]], la [[Russie]], la [[Norvège]], la [[Finlande]], la [[Suède]], le [[Danemark]] ([[Groenland]]), ainsi que dans l'état de l'[[Alaska]] aux [[États-Unis]]<ref>{{Article |langue=en |prénom1=Denver W. |nom1=Holt |prénom2=Matt D. |nom2=Larson |prénom3=Norman |nom3=Smith |prénom4=Dave L. |nom4=Evans |titre=Snowy Owl (Bubo scandiacus) |périodique=Birds of the World |date=04 mars 2020|lire en ligne=https://birdsoftheworld.org/bow/species/snoowl1/cur/introduction |consulté le=22 décembre 2020}}</ref>. Au [[Canada]], on le retrouve dans 7 provinces et territoires, soit le [[Territoire du Yukon]], les [[Territoires du Nord-Ouest]], la [[Colombie-Britannique]], le [[Nunavut]], le [[Manitoba]], le [[Québec]] et [[Terre-Neuve-et-Labrador]]<ref name="COSEPAC"/>. Au [[Québec]], c'est dans la partie la plus septentrionale qu'on le retrouve souvent. Pendant les années de disette, le harfang ne se reproduit pas et peut s'installer plus au sud (jusqu'au nord des [[États-Unis]]). Ce phénomène, dont les origines restent encore mal comprises, se reproduit tous les 4 ou 5 ans environ. Il semble être lié aux variations de l'abondance des populations de petits mammifères, notamment du [[lemming]], sa principale source d'alimentation. Cependant, il se nourrit également de [[lièvre]]s, de [[poisson]]s et d'[[oiseau]]x : sa vue perçante de nuit comme de jour fait de lui un excellent chasseur, mais contrairement à la plupart des autres chouettes et hiboux, le harfang chasse plutôt de jour.


[[File:Bubo scandiacus MHNT.ZOO.2010.11.157.3.jpg|thumb|Oeufs de ''Bubo scandiacus'' - [[Muséum de Toulouse]]]]
[[File:Bubo scandiacus MHNT.ZOO.2010.11.157.3.jpg|thumb|Œufs de ''Bubo scandiacus'' - [[Muséum de Toulouse]]]]
Le harfang se reproduit vers février-mars. La femelle pond entre 3 et 14 œufs, à raison d'un œuf environ tous les deux jours, mais la moyenne est plutôt entre 5 et 9 œufs par couvée. La couvaison commence immédiatement, si bien que dans le nid peuvent se trouver des oisillons d'un âge et d'une taille très différents. L'incubation dure environ 33 à 37 jours et les œufs éclosent environ 48 heures plus tard. Durant toute cette période, le rôle du mâle est de protéger le nid et d'apporter la nourriture à la femelle qui nourrit les oisillons. Les jeunes commencent à voler après 50 jours et 10 jours plus tard, ils sont capables de capturer leurs proies seuls. Il faut à chaque petit 5 repas par jour pour passer de {{unité|45|grammes}} à {{unité|1.4|kg}}. Neuf petits consomment en un mois jusqu'à {{formatnum:1300}} petits rongeurs, des [[lemming]]s : autant que chaque parent en un an.
Le harfang se reproduit vers février-mars. La femelle pond entre 3 et 14 œufs, à raison d'un œuf environ tous les deux jours, mais la moyenne est plutôt entre 5 et 9 œufs par couvée<ref name=":0">{{Ouvrage|langue=fr|auteur1=Marco Mastrorilli|titre=Rapaces nocturnes d'Europe : identification, biologie, écologie|passage=p. 79|lieu=Paris|éditeur=Delachaux et Niestlé|date=2021|pages totales=230|isbn=9782603027585|sudoc=https://www.sudoc.abes.fr/cbs/DB=2.1/SET=1/TTL=1/PRS=HOL/SHW?FRST=1|consulté le=16/05/2023}}</ref>. La couvaison commence immédiatement, si bien que dans le nid peuvent se trouver des oisillons d'un âge et d'une taille très différents. L'incubation dure environ 33 à 37 jours et les œufs éclosent environ 48 heures plus tard. Durant toute cette période, le rôle du mâle est de protéger le nid et d'apporter la nourriture à la femelle qui nourrit les oisillons. Les jeunes commencent à voler après 50 jours et 10 jours plus tard, ils sont capables de capturer leurs proies seuls. Il faut à chaque petit 5 repas par jour pour passer de {{unité|45|grammes}} à {{unité|1.4|kg}}. Neuf petits consomment en un mois jusqu'à {{formatnum:1300}} petits rongeurs, des [[lemming]]s : autant que chaque parent en un an.


Dans la chaîne alimentaire de la toundra, le harfang occupe avec le renard la place la plus élevée : celle du prédateur. Cependant, dans ce système vivant très simplifié, ces carnivores spécialisés sont aussi très vulnérables ; très efficaces lorsque les lemmings sont abondants, ils sont voués à la famine ou à l'exil quand se raréfie ce gibier qui constitue l'essentiel de leur menu. Si le père harfang disparaît pendant la période de croissance des jeunes, jamais la mère ne pourra les alimenter seule.
Dans la chaîne alimentaire de la toundra, le harfang occupe avec le renard la place la plus élevée : celle du prédateur. Cependant, dans ce système vivant très simplifié, ces carnivores spécialisés sont aussi très vulnérables ; très efficaces lorsque les lemmings sont abondants, ils sont voués à la famine ou à l'exil quand se raréfie ce gibier qui constitue l'essentiel de leur menu. Si le père harfang disparaît pendant la période de croissance des jeunes, jamais la mère ne pourra les alimenter seule.
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[[Fichier:Harfang en vol 1.jpg|thumb|left|Harfang des neiges en chasse.]]
[[Fichier:Harfang en vol 1.jpg|thumb|left|Harfang des neiges en chasse.]]


Ce qui frappe chez les rapaces nocturnes, c'est d'abord leur vol silencieux, dû aux soies très douces dont sont garnies les [[barbule]]s de leurs plumes. Cette adaptation leur permet de surprendre leurs proies. Le harfang possède une excellente vision diurne et nocturne qui lui permet de déceler des mouvements à {{unité|1|km}} de distance. En outre, son ouïe est extrêmement développée.
Ce qui frappe chez les rapaces nocturnes, c'est d'abord leur vol silencieux, dû aux soies très douces dont sont garnies les {{page h'|Barbule|barbules}} de leurs plumes. Cette adaptation leur permet de surprendre leurs proies. Le harfang possède une excellente vision diurne et nocturne qui lui permet de déceler des mouvements à {{unité|1|km}} de distance. En outre, son ouïe est extrêmement développée.


La longévité d'un harfang est d'environ neuf ans en milieu naturel et peut aller jusqu'à 32 ans en captivité.
La longévité d'un harfang est d'environ neuf ans en milieu naturel et peut aller jusqu'à 32 ans en captivité.
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Il peut maintenir la température de son corps entre 38 et {{unité|40|°C}}, même lorsque la température de l’air atteint {{unité|-50|°C}}.
Il peut maintenir la température de son corps entre 38 et {{unité|40|°C}}, même lorsque la température de l’air atteint {{unité|-50|°C}}.
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== Démographie et menaces ==
La population européenne est estimée entre 700 et 2300 couples (BirdLife International, 2015<ref>{{Lien web |langue=anglais |titre=Bubo scandiacus -- (Linnaeus, 1758) |url=http://datazone.birdlife.org/userfiles/file/Species/erlob/summarypdfs/22689055_bubo_scandiacus.pdf |format=pdf |accès url=libre |site=BirdLife International |date=2015 |consulté le=16/05/2023}}</ref>).

Le Harfang des neiges est une espèce en fort déclin menacé en grand partie par les changements climatiques rapides qui bouleversent les équilibres des écosystèmes arctiques (notamment un déclin de la population de lemmings, proies de prédilection des Harfangs des neiges)<ref name=":0" />.


== Préhistoire ==
== Préhistoire ==
Il y a {{formatnum:20000}} ans environ (calBP), la chouette harfang vivait en France. Les fouilles archéologiques de plusieurs gisements situés dans la plaine d'Aquitaine ont livré des ossements de ce rapace. Il s'agit par exemple des sites du Bois-Ragot<ref name="2000laroulandie">{{ouvrage |libellé= Laroulandie 2000 |langue= fr |auteur1= Véronique Laroulandie |titre= Taphonomie et Archéozoologie des Oiseaux en Grotte : Applications aux Sites Paléolithiques du Bois-Ragot (Vienne), de Combe Saunière (Dordogne) et de La Vache (Ariège) |nature ouvrage= thèse de doctorat en Préhistoire et Géologie du Quaternaire (dir. Françoise Delpech) |éditeur= Université Sciences et Technologies - Bordeaux I |date=|isbn= |lire en ligne= https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00931286/document |format= pdf sur ''tel.archives-ouvertes.fr'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref>{{,}}<ref name="2004laroulandie">{{Article |libellé= Laroulandie 2004 |langue= fr |auteur1= Véronique Laroulandie |titre= Exploitation du Harfang au Magdalénien final: l'exemple du Bois-Ragot (Gouex, Vienne) |périodique= actes du {{XXVe}} congrès préhistorique de France, Nanterre 24-26 nov. 2000 |titre numéro= Approches fonctionnelles en Préhistoire |date= 2004|pages= 387-396 |lire en ligne= https://www.researchgate.net/publication/313119930_Exploitation_du_Harfang_au_Magdalenien_final_l%27exemple_du_Bois-Ragot_Gouex_Vienne |format= sur ''researchgate.net'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref>{{,}}<ref name="1997celerier">{{Article |libellé= Célérier ''et al.'' 1997 |langue= fr |auteur1= Guy Célérier |auteur2= André Chollet |auteur3= Anna Hantaï |titre= Nouvelles observations sur l'évolution de l'Azilien dans les gisements de Bois-Ragot (Vienne) et de Pont-d'Ambon (Dordogne) |périodique= Bulletin de la Société préhistorique française |volume= 94 |numéro= 3 |date= 1997|pages= 331-336 |lire en ligne= https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1997_num_94_3_10696?pageid=t1_336 |format= sur ''persee'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref> à [[Gouex]] dans la [[Vienne (département)|Vienne]], de Saint-Germain-la-Rivière, de l'[[Abri Morin (Pessac-sur-Dordogne)|abri Morin]] et de l'abri Faustin<ref name="1971delpech">{{Article |libellé= Delpech 1971 |langue= fr |auteur1= F. Delpech |titre= L'abri Faustin, commune de Cessac (Gironde). Étude paléontologique |périodique= Bulletin de la Société préhistorique française |volume= 68 |numéro= 1 |titre numéro= Études & Travaux |date= 1971|pages= 328-332 |lire en ligne= https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1971_hos_68_1_4275 |format= sur ''persee'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref> en [[Gironde (département)|Gironde]], de l'[[abri de la Madeleine]] ou de la [[Gare de Couze (Lalinde)|Gare de Couze]]<ref>{{Article |libellé= Prat 1962 |langue= fr |auteur1= F. Prat |titre= La faune du gisement de la Gare de Couze |périodique= L'Anthropologie |volume= 66 |date= 1962|pages= 247-254 |lire en ligne= |présentation en ligne= https://pascal-francis.inist.fr/vibad/index.php?action=getRecordDetail&idt=GEODEBRGMFR2033334 |format= <!-- pdf sur ''xxx'' --> }}.</ref> en [[Dordogne (département)|Dordogne]]. L'analyse de ces vestiges par les [[archéozoologue]]s indique que les chasseurs-collecteurs du [[Magdalénien]] ont capturé cet oiseau. Ils ont utilisé la viande, les ossements et vraisemblablement les plumes de ce rapace. Les griffes ont parfois été prélevées à l'aide de silex et certaines phalanges du pied ont été décorées de séries d'incisions parallèles. Cet oiseau devait occuper une place particulière dans le système de représentation de ces chasseurs<ref>{{Article |libellé= Laroulandie 2016 |langue= en |prénom1= Véronique |nom1= Laroulandie |titre= Hunting fast-moving, low-turnover small game: The status of the snowy owl (''Bubo scandiacus'') in the Magdalenian |périodique= Quaternary International |date=13 mars 2016|doi= 10.1016/j.quaint.2015.11.146 |lire en ligne= https://www.academia.edu/24495958/Hunting_fast_moving_low_turnover_small_game_The_status_of_the_snowy_owl_Bubo_scandiacus_in_the_Magdalenian |format= sur ''academia.edu'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref>.
Il y a {{nombre|20000|ans}} environ (calBP), la chouette harfang vivait en France. Les fouilles archéologiques de plusieurs gisements situés dans la plaine d'Aquitaine ont livré des ossements de ce rapace. Il s'agit par exemple des sites du Bois-Ragot<ref name="2000laroulandie">{{ouvrage |libellé= Laroulandie 2000 |langue= fr |auteur1= Véronique Laroulandie |titre= Taphonomie et Archéozoologie des Oiseaux en Grotte : Applications aux Sites Paléolithiques du Bois-Ragot (Vienne), de Combe Saunière (Dordogne) et de La Vache (Ariège) |nature ouvrage= thèse de doctorat en Préhistoire et Géologie du Quaternaire (dir. Françoise Delpech) |éditeur= Université Sciences et Technologies - Bordeaux I |date=|isbn= |lire en ligne= https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00931286/document |format= pdf sur ''tel.archives-ouvertes.fr'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref>{{,}}<ref name="2004laroulandie">{{Article |libellé= Laroulandie 2004 |langue= fr |auteur1= Véronique Laroulandie |titre= Exploitation du Harfang au Magdalénien final: l'exemple du Bois-Ragot (Gouex, Vienne) |périodique= actes du {{XXVe}} congrès préhistorique de France, Nanterre 24-26 nov. 2000 |titre numéro= Approches fonctionnelles en Préhistoire |date= 2004|pages= 387-396 |lire en ligne= https://www.researchgate.net/publication/313119930_Exploitation_du_Harfang_au_Magdalenien_final_l%27exemple_du_Bois-Ragot_Gouex_Vienne |format= sur ''researchgate.net'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref>{{,}}<ref name="1997celerier">{{Article |libellé= Célérier ''et al.'' 1997 |langue= fr |auteur1= Guy Célérier |auteur2= André Chollet |auteur3= Anna Hantaï |titre= Nouvelles observations sur l'évolution de l'Azilien dans les gisements de Bois-Ragot (Vienne) et de Pont-d'Ambon (Dordogne) |périodique= Bulletin de la Société préhistorique française |volume= 94 |numéro= 3 |date= 1997|pages= 331-336 |lire en ligne= https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1997_num_94_3_10696?pageid=t1_336 |format= sur ''persee'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref> à [[Gouex]] dans la [[Vienne (département)|Vienne]], de Saint-Germain-la-Rivière, de l'[[Abri Morin (Pessac-sur-Dordogne)|abri Morin]] et de l'abri Faustin<ref name="1971delpech">{{Article |libellé= Delpech 1971 |langue= fr |auteur1= F. Delpech |titre= L'abri Faustin, commune de Cessac (Gironde). Étude paléontologique |périodique= Bulletin de la Société préhistorique française |volume= 68 |numéro= 1 |titre numéro= Études & Travaux |date= 1971|pages= 328-332 |lire en ligne= https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1971_hos_68_1_4275 |format= sur ''persee'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref> en [[Gironde (département)|Gironde]], de l'[[abri de la Madeleine]] ou de la [[Gare de Couze (Lalinde)|Gare de Couze]]<ref>{{Article |libellé= Prat 1962 |langue= fr |auteur1= F. Prat |titre= La faune du gisement de la Gare de Couze |périodique= L'Anthropologie |volume= 66 |date= 1962|pages= 247-254 |lire en ligne= |présentation en ligne= https://pascal-francis.inist.fr/vibad/index.php?action=getRecordDetail&idt=GEODEBRGMFR2033334 |format= <!-- pdf sur ''xxx'' --> }}.</ref> en [[Dordogne (département)|Dordogne]]. L'analyse de ces vestiges par les [[archéozoologue]]s indique que les chasseurs-collecteurs du [[Magdalénien]] ont capturé cet oiseau. Ils ont utilisé la viande, les ossements et vraisemblablement les plumes de ce rapace. Les griffes ont parfois été prélevées à l'aide de silex et certaines phalanges du pied ont été décorées de séries d'incisions parallèles. Cet oiseau devait occuper une place particulière dans le système de représentation de ces chasseurs<ref>{{Article |libellé= Laroulandie 2016 |langue= en |prénom1= Véronique |nom1= Laroulandie |titre= Hunting fast-moving, low-turnover small game: The status of the snowy owl (''Bubo scandiacus'') in the Magdalenian |périodique= Quaternary International |date=13 mars 2016|doi= 10.1016/j.quaint.2015.11.146 |lire en ligne= https://www.academia.edu/24495958/Hunting_fast_moving_low_turnover_small_game_The_status_of_the_snowy_owl_Bubo_scandiacus_in_the_Magdalenian |format= sur ''academia.edu'' |consulté le=24 novembre 2020}}.</ref>.


== Protection ==
== Protection ==
[[Fichier:Harfang sur poteau.jpg|thumb|redresse|Harfang des neiges, [[emblème aviaire]] du [[Québec]]]]
[[Fichier:Harfang sur poteau.jpg|thumb|redresse|Harfang des neiges, [[emblème aviaire]] du [[Québec]]]]
Le Harfang des neiges bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du {{date-|17 avril 1981}} relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. L'espèce est inscrite à l'annexe I de la [[directive Oiseaux]] de l'[[Union européenne]]<ref>Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux</ref>. Il est donc interdit de les détruire, les mutiler, les capturer ou les élever, de les perturber intentionnellement ou de les naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.
Le Harfang des neiges bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du {{date-|17 avril 1981}} relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. L'espèce est inscrite à l'{{nobr rom|annexe I}} de la [[directive Oiseaux]] de l'[[Union européenne]]<ref>Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux</ref>. Il est donc interdit de les détruire, les mutiler, les capturer ou les élever, de les perturber intentionnellement ou de les naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.


== Taxonomie ==
== Taxonomie ==
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== Voir aussi ==
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=== Articles connexes ===
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* Le harfang des neiges est l'[[Emblèmes des provinces et territoires du Canada|emblème aviaire]] officiel du [[Québec]] ([[Canada]]) depuis [[1987]]. Il symbolise la blancheur des hivers québécois.
* Le harfang des neiges est l'[[Emblèmes des provinces et territoires du Canada|emblème aviaire]] officiel du [[Québec]] ([[Canada]]) depuis [[1987]]. Il symbolise la blancheur des hivers québécois.

* [[Harfang (comics)|Harfang]] est une [[super-héros|super-héroïne]] canadienne de la [[Division Alpha]] dans l'[[Univers Marvel|univers]] de [[Marvel Comics]].
* [[Harfang (comics)|Harfang]] est une [[super-héros|super-héroïne]] canadienne de la [[Division Alpha]] dans l'[[Univers Marvel|univers]] de [[Marvel Comics]].
* Dans le volume intitulé ''L'Oiseau des neiges'' de la série de bande dessinée ''[[Yakari]]'', le jeune héros [[Amérindiens|amérindien]] rencontre une harfang des neiges dans la toundra.
* Dans le volume intitulé ''L'Oiseau des neiges'' de la série de bande dessinée ''[[Yakari]]'', le jeune héros [[Amérindiens|amérindien]] rencontre une harfang des neiges dans la toundra.
* Dans le roman ''[[Les Indes noires]]'' de [[Jules Verne]], l'oiseau de Silfax est un harfang.
* Dans le roman ''[[Les Indes noires]]'' de [[Jules Verne]], l'oiseau de Silfax est un harfang.
* Dans le film d'animation ''[[Le Royaume de Ga'hoole]], ''le chef des gentils est un harfang.
* Dans le film d'animation ''[[Le Royaume de Ga'hoole]], ''le chef des gentils est un harfang.
* Dans le film d'animation ''[[Clochette et le secret des fées]]'', on peut voir à plusieurs reprises des harfangs des neiges.
* Dans le film d'animation ''[[Clochette et le Secret des fées]]'', on peut voir à plusieurs reprises des harfangs des neiges.
* Le Harfang a inspiré le Pokémon ''Noarfang''.
* Le Harfang a inspiré le [[Pokémon]] [[Noarfang]].


=== Fiction ===
=== Fiction ===
* [[Hedwige (Harry Potter)|Hedwige]], le hibou de [[Harry Potter]], est un harfang. {{refnec|Le succès de la série pose problème, car beaucoup de fans voudraient se procurer des oiseaux au mépris de la conservation de l'espèce}}.
* [[Hedwige (Harry Potter)|Hedwige]], le hibou de [[Harry Potter]], est un harfang. Le succès de la série pose problème, car beaucoup de fans voudraient se procurer des oiseaux au mépris de la conservation de l'espèce{{commentaire biblio SRL|{{Lien web |langue=fr-FR |prénom=Justine |nom=Paleo |titre=Harry Potter : un triste bilan pour les hiboux |url=https://www.24matins.fr/harry-potter-un-triste-bilan-pour-les-hiboux-16405 |site=24matins.fr |date=2012-05-22 |consulté le=2023-01-23}}.}}

=== Références taxonomiques ===
=== Références taxonomiques ===
* {{ADW|Nyctea_scandiaca|''Nyctea scandiaca''}}
* {{Avibase | 5B23B360E7DEC4A9 | Bubo scandiacus | <!-- auteur + date --> | consulté le=25 avril 2016}}
* {{BioLib|taxon|8760|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)|consulté le=14 août 2023}}
* {{CITES espèce|animal|Nyctea|scandiaca|(Linnaeus, 1758)}}
* {{COI|Strigidae|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)|consulté le=14 août 2023}}
* {{ITIS|686683|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)}}
* {{NCBI|371907|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)|consulté le=14 août 2023}}
* {{Oiseaux espèce|harfang.des.neiges|''Bubo scandiacus''}}
* {{Oiseaux espèce|harfang.des.neiges|''Bubo scandiacus''}}
* {{COI|owls|Strigiformes|''Bubo scandiacus''|consulté le=21 mai 2015}}
* {{Tolweb|Bubo scandiacus|consulté le=14 août 2023}}
* {{UICN|22689055|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)|consulté le=14 août 2023}}
* {{Zoonomen|stri|Strigiformes|Bubo scandiacus}}
* {{Zoonomen|stri|Strigiformes|Bubo scandiacus}}
* {{Avibase | 5B23B360E7DEC4A9 | Bubo scandiacus | <!-- auteur + date --> | consulté le=25 avril 2016}}
* {{ITIS|686683|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)}}
* {{ADW|Nyctea_scandiaca|''Nyctea scandiaca''}}
* {{NCBI|56270|''Nyctea scandiaca''}}
* {{UICN|22689055|''Bubo scandiacus'' (Linnaeus, 1758)|consulté le=21 mai 2015}}
* {{CITES espèce|animal|Nyctea|scandiaca|(Linnaeus, 1758)}}


=== Liens externes ===
=== Liens externes ===
* [http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier293-1.php Le harfang des neiges]
* {{fr}} [http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier293-1.php Le harfang des neiges] Futura-Sciences
* [http://www.hww.ca/fr/especes/oiseaux/le-harfang-des-neiges.html Chouette harfang] dans [http://www.hww.ca/fr/ Faune et flore du pays]
* {{fr}} [https://www.hww.ca/fr/faune/oiseaux/le-harfang-des-neiges.html Le Harfang des neiges] Faune et flore du pays (Canada)


{{Portail|Arctique|ornithologie}}
{{Portail|Arctique|ornithologie}}

Dernière version du 7 avril 2024 à 16:24

Bubo scandiacus

Bubo scandiacus
Description de cette image, également commentée ci-après
Harfang des neiges.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Strigiformes
Famille Strigidae
Genre Bubo

Espèce

Bubo scandiacus
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Bubo scandiaca (Linnaeus, 1758)[1]
  • Nyctea scandiaca (Linnaeus, 1758)[1]
  • Strix scandiaca Linnaeus, 1758[1]

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A2bd+3bd+4bd : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe II de la CITES Annexe II , Rév. du 12/06/2013

Le Harfang des neiges (Bubo scandiacus) est une espèce d'oiseaux de la famille des strigidés. Il est aussi appelé ukpik par les Inuits. Il est l'emblème aviaire du Québec depuis 1987[2],[3]. En France, on l'appelle aussi Chouette Harfang[4], même si, en réalité, il appartient au genre Bubo, qui est le même que les hiboux[5] grands-ducs. Comme tous les hiboux, il possède une paire de petites aigrettes sur sa tête qui, en français, différencient les chouettes (qui n'en ont pas) des hiboux (qui en ont). Cependant, les aigrettes du Harfang des Neiges sont très petites et repliées sur sa tête, ce qui les rends presque invisible, d'où l'appellation Chouette Harfang.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Bubo scandiaca (Linnaeus, 1758)[1]
  • Nyctea scandiaca (Linnaeus, 1758)[1]
  • Strix scandiaca Linnaeus, 1758[1]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • Chouette harfang
  • Harfang des neiges

Morphologie[modifier | modifier le code]

Deux grands yeux à fond jaune entouré de plumes blanches soulignées de quelques tâches plus sombres.
Sous le regard d'un harfang des neiges au zoo de Karlsruhe.

Ce grand oiseau blanc aux yeux jaunes est très reconnaissable. Le mâle est d'un blanc pur alors que la femelle et les jeunes sont légèrement tachetés ou barrés de brun. Leur plumage blanchit avec l'âge, les mâles pouvant alors devenir d'un blanc immaculé. L'été, le plumage est plus foncé que l'hiver, le plumage est plus blanc l'hiver, ce qui leur permet de se camoufler dans la neige. Les mâles sont en général plus petits que les femelles. Leur envergure est de 170 à 177 cm pour les femelles adultes et de 160 à 170 cm pour les mâles adultes. Leur masse varie de 1 à 2,5 kg.

Le harfang est un très grand oiseau, pouvant atteindre jusqu'à 70 cm de longueur. Ses yeux sont très grands proportionnellement à sa taille : en effet, ils ont environ la même taille que ceux d'un homme. Ils sont d'une couleur jaune et disposés vers l'avant. De plus, ils sont fixes, ce qui oblige le harfang à devoir souvent tourner sa large tête aplatie pour pouvoir regarder autour de lui (il peut la tourner d'un angle de 270 °).

Répartition et mode de vie[modifier | modifier le code]

  • habitat d'été & aire de reproduction
  • habitat d'hiver
Tête en gros plan d'un Harfang des neiges.
Harfang des neiges en vol.

Le milieu naturel du harfang est le Grand Nord : la toundra arctique. L'espèce est présente dans plusieurs pays, tels que le Canada, la Russie, la Norvège, la Finlande, la Suède, le Danemark (Groenland), ainsi que dans l'état de l'Alaska aux États-Unis[7]. Au Canada, on le retrouve dans 7 provinces et territoires, soit le Territoire du Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, la Colombie-Britannique, le Nunavut, le Manitoba, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador[6]. Au Québec, c'est dans la partie la plus septentrionale qu'on le retrouve souvent. Pendant les années de disette, le harfang ne se reproduit pas et peut s'installer plus au sud (jusqu'au nord des États-Unis). Ce phénomène, dont les origines restent encore mal comprises, se reproduit tous les 4 ou 5 ans environ. Il semble être lié aux variations de l'abondance des populations de petits mammifères, notamment du lemming, sa principale source d'alimentation. Cependant, il se nourrit également de lièvres, de poissons et d'oiseaux : sa vue perçante de nuit comme de jour fait de lui un excellent chasseur, mais contrairement à la plupart des autres chouettes et hiboux, le harfang chasse plutôt de jour.

Œufs de Bubo scandiacus - Muséum de Toulouse

Le harfang se reproduit vers février-mars. La femelle pond entre 3 et 14 œufs, à raison d'un œuf environ tous les deux jours, mais la moyenne est plutôt entre 5 et 9 œufs par couvée[8]. La couvaison commence immédiatement, si bien que dans le nid peuvent se trouver des oisillons d'un âge et d'une taille très différents. L'incubation dure environ 33 à 37 jours et les œufs éclosent environ 48 heures plus tard. Durant toute cette période, le rôle du mâle est de protéger le nid et d'apporter la nourriture à la femelle qui nourrit les oisillons. Les jeunes commencent à voler après 50 jours et 10 jours plus tard, ils sont capables de capturer leurs proies seuls. Il faut à chaque petit 5 repas par jour pour passer de 45 grammes à 1,4 kg. Neuf petits consomment en un mois jusqu'à 1 300 petits rongeurs, des lemmings : autant que chaque parent en un an.

Dans la chaîne alimentaire de la toundra, le harfang occupe avec le renard la place la plus élevée : celle du prédateur. Cependant, dans ce système vivant très simplifié, ces carnivores spécialisés sont aussi très vulnérables ; très efficaces lorsque les lemmings sont abondants, ils sont voués à la famine ou à l'exil quand se raréfie ce gibier qui constitue l'essentiel de leur menu. Si le père harfang disparaît pendant la période de croissance des jeunes, jamais la mère ne pourra les alimenter seule.

Harfang des neiges en chasse.

Ce qui frappe chez les rapaces nocturnes, c'est d'abord leur vol silencieux, dû aux soies très douces dont sont garnies les barbules de leurs plumes. Cette adaptation leur permet de surprendre leurs proies. Le harfang possède une excellente vision diurne et nocturne qui lui permet de déceler des mouvements à 1 km de distance. En outre, son ouïe est extrêmement développée.

La longévité d'un harfang est d'environ neuf ans en milieu naturel et peut aller jusqu'à 32 ans en captivité.

Il peut maintenir la température de son corps entre 38 et 40 °C, même lorsque la température de l’air atteint −50 °C.

Démographie et menaces[modifier | modifier le code]

La population européenne est estimée entre 700 et 2300 couples (BirdLife International, 2015[9]).

Le Harfang des neiges est une espèce en fort déclin menacé en grand partie par les changements climatiques rapides qui bouleversent les équilibres des écosystèmes arctiques (notamment un déclin de la population de lemmings, proies de prédilection des Harfangs des neiges)[8].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Il y a 20 000 ans environ (calBP), la chouette harfang vivait en France. Les fouilles archéologiques de plusieurs gisements situés dans la plaine d'Aquitaine ont livré des ossements de ce rapace. Il s'agit par exemple des sites du Bois-Ragot[10],[11],[12] à Gouex dans la Vienne, de Saint-Germain-la-Rivière, de l'abri Morin et de l'abri Faustin[13] en Gironde, de l'abri de la Madeleine ou de la Gare de Couze[14] en Dordogne. L'analyse de ces vestiges par les archéozoologues indique que les chasseurs-collecteurs du Magdalénien ont capturé cet oiseau. Ils ont utilisé la viande, les ossements et vraisemblablement les plumes de ce rapace. Les griffes ont parfois été prélevées à l'aide de silex et certaines phalanges du pied ont été décorées de séries d'incisions parallèles. Cet oiseau devait occuper une place particulière dans le système de représentation de ces chasseurs[15].

Protection[modifier | modifier le code]

Harfang des neiges, emblème aviaire du Québec

Le Harfang des neiges bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. L'espèce est inscrite à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[16]. Il est donc interdit de les détruire, les mutiler, les capturer ou les élever, de les perturber intentionnellement ou de les naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette espèce a longtemps été classée sous le nom de Nyctea scandiaca (Linnaeus, 1758) avant d'être reclassée dans le genre Bubo en 1999. Classiquement, cette espèce était considérée comme le seul représentant d'un genre particulier Nyctea (Nyctea scandiaca) mais les analyses de phylogénie moléculaire montrent qu'elle est très proche des hiboux du genre Bubo[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f BioLib, consulté le 14 août 2023
  2. « Le harfang des neiges », sur justice.gouv.qc.ca, Justice Québec (consulté le ).
  3. Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, « Le coin de Rafale – Sais-tu que l’emblème floral du Québec est l’iris versicolore? », sur environnement.gouv.qc.ca, (consulté le ).
  4. « Chouette harfang », sur Zoo de Mulhouse, parc zoologique et botanique (consulté le )
  5. « Harfang des neiges », sur Parc Animalier de Sainte-Croix (consulté le )
  6. a et b Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), « Harfang des neiges », sur COSEPAC, (consulté le ).
  7. (en) Denver W. Holt, Matt D. Larson, Norman Smith et Dave L. Evans, « Snowy Owl (Bubo scandiacus) », Birds of the World,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. a et b Marco Mastrorilli, Rapaces nocturnes d'Europe : identification, biologie, écologie, Paris, Delachaux et Niestlé, , 230 p. (ISBN 9782603027585, SUDOC https://www.sudoc.abes.fr/cbs/DB=2.1/SET=1/TTL=1/PRS=HOL/SHW?FRST=1), p. 79
  9. (en) « Bubo scandiacus -- (Linnaeus, 1758) » Accès libre [PDF], sur BirdLife International, (consulté le )
  10. [Laroulandie 2000] Véronique Laroulandie, Taphonomie et Archéozoologie des Oiseaux en Grotte : Applications aux Sites Paléolithiques du Bois-Ragot (Vienne), de Combe Saunière (Dordogne) et de La Vache (Ariège) (thèse de doctorat en Préhistoire et Géologie du Quaternaire (dir. Françoise Delpech)), Université Sciences et Technologies - Bordeaux I (lire en ligne [PDF] sur tel.archives-ouvertes.fr).
  11. [Laroulandie 2004] Véronique Laroulandie, « Exploitation du Harfang au Magdalénien final: l'exemple du Bois-Ragot (Gouex, Vienne) », actes du XXVe congrès préhistorique de France, Nanterre 24-26 nov. 2000 « Approches fonctionnelles en Préhistoire »,‎ , p. 387-396 (lire en ligne [sur researchgate.net], consulté le ).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Fiction[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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