XXIVe siècle av. J.-C.

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Liste des millénaires | Liste des siècles


Événements

Proche-Orient

Ruines du palais royal d'Ebla.
Vaisselle d'argent du Trésor de Priam.
  • Vers 2400-2300 av. J.-C. : Apogée de la ville d’Ebla, en Syrie, qui aurait compté jusqu’à 250 000 habitants. C’est une grande capitale bâtie autour d’un splendide palais, qui entretient des relations régulières avec des cités situées à des centaines de kilomètres). Les Archives d'Ebla (15 000 textes) prouvent que le palais est le siège principal de l’administration. Le roi avait à ses côtés les scribes nécessaires pour gérer les domaines agricoles, les ateliers et les activités commerciales. La grande cour d’audience du palais d’Ebla contenait au moins une partie des services administratifs. Karkemish est attesté dès cette époque sur les tablettes d’Ebla.
  • Vers 2400-2200 av. J.-C. : Troie II, qui commande l’accès aux détroits, d’abord simple bourgade de pêcheurs (déjà détruite en 3000 av. J.-C.), devient une grande cité grâce aux péages qu’elle perçoit et à l’escale qu’elle fournit aux navires marchands. « Trésor dit de Priam », à Troie, découvert par Heinrich Schliemann.
  • Vers 2400 av. J.-C. :
    • Règne de Kubaba, reine de Kish.
    • Règne de Lugal-kinishe-dudu, roi d’Uruk et d’Ur.
    • Règne de Entemena, roi de Lagash. Après un nouveau conflit avec Umma, Entemena, victorieux, signe un traité de fraternité avec Lugal-kinishe-dudu. Enannatum II, En-entarzi et Lugalanda lui succéderont sur le trône de Lagash.
  • Vers 2380 av. J.-C. : Règne de Puzur-Sîn, roi de Kish.
  • Vers 2350 av. J.-C. : Règne de Uru-inimgina (Ourou Kagina), roi de Lagash.
    • À Lagash, un coup d’État place sur le trône une famille sacerdotale à la place de Lugalanda. Elle sera détrônée par Uru-inimgina le réformateur, qui combat la corruption : il retire aux prêtres un certain nombre de privilèges, mais leur rend des terres dont les rois s’étaient emparés indûment. Il semble animé d’un idéal de justice. On a pensé à un retour au système théocratique, mais des études récentes montrent qu’il s’agit d’une politique nouvelle propre au roi.
    • Archives royales à Lagash et à Ebla (Syrie).
    • Recueil de lois de Uru-inimgina de Lagash.
  • Vers 2349 av. J.-C. : Date présumée du Déluge, d'après le texte hébreu de la Bible.
  • Vers 2340 av. J.-C. : Règne de Ur-Zababa, roi de Kish, petit-fils de Kubaba
  • Vers 2340-2316 av. J.-C. : Règne de Lugal-zagezi, roi d’Umma et d’Uruk.
    • Première tentative connue d’unification de la Mésopotamie : Lugal-zagezi s’empare de Girsu, à la frontière avec Lagash, la pille et l’incendie, puis prend Lagash, Ur et Uruk. Il se rend maître de tout le pays de Sumer, puis mène une expédition victorieuse jusqu’à la Méditerranée.
La création par Sargon du premier empire connu pour avoir eu le privilège d’une certaine durée marque pour la Mésopotamie la fin du régime des cités-États, la mise à l’épreuve d’un pouvoir à caractère nettement sémitique, l’instauration d’une idéologie unitaire nouvelle et l’essai de nouvelles expériences administratives.
  • 2334-2279 av. J.-C. : Règne de Sharrum-kîn (Sargon), roi d’Akkad.
    • Sargon, ancien officier sémite (échanson) du roi de Kish Ur-Zababa, le détrône, puis abat Lugal-zagesi, roi d’Uruk. Il s’empare de son royaume, puis d’Ur, de Lagash et d’Umma. Il fonde une nouvelle capitale, Agadé ou Akkad, près de Kish, dont l’emplacement exact reste méconnu. Grâce notamment à l’invention d’un arc puissant à longue portée, il agrandit son empire au cours d’une série de campagnes vers l’est et l’ouest : trente-quatre victoires en Syrie (Ebla), Élam (Awan et Warahshe), Iran (pays d’Anshan de Marhashi), Oman, etc. Il se rend maître d’une vaste partie du territoire proche-oriental de la Méditerranée au sud-ouest de l’Iran.
    • Sous l’empire d’Agadé, première expérience connue de monarchie unitaire réalisée à l’échelle de la Mésopotamie, Sargon et ses successeurs paraissent avoir agi avec une certaine souplesse administrative, notamment à l’égard des provinces éloignées et non sémitiques, comme l’Élam qui a conservé ses institutions. Ailleurs le roi plaçait le plus souvent possible des ensi (gouverneurs) pour remplacer les pouvoirs locaux, tout en laissant en usage les titres traditionnels.
    • L’empire akkadien pratique un commerce maritime avec la vallée de l’Indus (Meluhha), les côtes de la péninsule arabique (Magan) et l’île de Bahreïn (Dilmun).
  • Vers 2330-2000 : Les légendes sumériennes de Gilgamesh, roi d’Uruk, sont mises par écrit. Elles relatent entre autres la première version du déluge.

Égypte

Chambre funéraire de la Pyramide d'Ounas découverte par Gaston Maspero en 1881.
  • 2420 à 2323 av. J.-C. : Règnes de Niouserrê (vers 2420 à 2389 av. J.-C.), Menkaouhor (v. 2389 à 2381 av. J.-C.), Djedkarê Isési (v.2381 à 2353 av. J.-C.), Ounas (v. 2353 à 2323 av. J.-C.)[1].
    • Expédition dans le Pays de Pount dirigée par le trésorier Baourded sous le règne d’Isesi (encens, or, électrum, ivoire, ébène, pierres précieuses, peaux de panthères, girafes, babouins, Pygmées).
    • La fin de la Ve dynastie semble marquée par des modifications climatiques qui entraînent un glissement des populations des régions limitrophes vers la vallée du Nil (reliefs de bédouins affamés de la chaussée du temple d’Ounas, dernier roi de la Ve dynastie).
    • Le roi Niouserrê construit le temple solaire d’Abou Gourob, près de Memphis.
    • Pyramide d’Ounas à Saqqarah. Inscription des textes des pyramides, sous Ounas.
    • « Enseignement » ou « Sagesse » de Ptahhotep, vizir d’Isesi, définissant une éthique où l’intégration sociale est affirmée comme valeur fondamentale. Agir en conformité avec la Maât (« vérité-justice ») suppose, avec le respect hiérarchique et le service du roi, l’attention à l’autre, la « solidarité verticale » (du puissant vers le faible), bref de privilégier l’harmonie sociale, fondée sur une attitude individuelle de retenue et de mesure donnant à la raison la priorité sur l’instinct, et refusant la médisance, l’envie, la colère, vices destructeurs de l’harmonie sociale, élément de l’ordre universel.
  • 2321-2140[2] ou 2323-2150 av. J.-C. : VIe dynastie. Règnes de Seheteptaoui-Téti (2323/2321 à 2291 av. J.-C.) puis d'Ouserkarê (2291 à 2289 av. J.-C.) .
    • Le passage à la VIe dynastie semble s’être effectué sans heurts. Les règnes de Téti et d’Ouserkarê sont mal connus.
    • Des rapports sont attestés par les routes des oasis à l’ouest du Nil entre l’Égypte, la Libye et l’Afrique au sud du Sahara (pays de Pount, pays de Iam, etc.).
    • Les reliefs des mastabas de Kagemni et de Mérérouka à Saqqarah (VIe dynastie) témoignent de l’existence d’une classe de hauts fonctionnaires menant un mode de vie princier grâce à la multiplicité des bénéfices liées au cumul et à l’hérédité des charges.

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Notes et références

  1. Dates de règnes selon James Peter Allen.
  2. Sophie Desplancques, L'Égypte ancienne: « Que sais-je ? » n° 247, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130734796, présentation en ligne)